vendredi 4 juillet 2014

Triste un 4 Juillet

Disparu de la toile depuis plusieurs jours en raison de mystérieux enjeux googlo-administratifs, Cocoricouac - votre blog foot préféré - réapparaît comme par enchantement au moment même où l'équipe de France disparait sans enchantement de la Coupe du monde, engloutie dans les engrenages tactico-historiques de la parfaite mécanique teutonne. Et oui, c'est malheureux, triste, regrettable, à pleurer et pire encore, et hélas point vraiment injuste, mais nos coqs bleus se sont fait plumer pour s'être mesuré bien trop légèrement à l'envergure de l'aigle allemand.
Pour avoir encaissé un but presque inattendu car arrivé tôt alors que le premier quart d'heure de jeu n'était pas encore bouclé et avoir vainement pagayé pour remonter ce courant contraire, les Français se sont englués dans un scénario fatal. Pas impressionnants et rarement meilleurs, les Allemands contrôlaient la situation et un adversaire soumis par le poids de la supériorité historique qui sépare ces deux nations de football. Présente à ce stade de la compétition pour la seizième fois consécutive, soit depuis 1954, pendant que les Bleus passent les époques à quérir leurs quelques gloires d'antan pour en vivre trop d'autres bien plus indigentes et destructrices, la Mannschaft ne faisait que formaliser son passage vers le dernier carré, un quatrième en quatre phases finales.
Meurtris par le double échec des années 1980 face à cet adversaire génétiquement redoutable, les supporters français s'étaient réfugiés dans un optimisme de circonstance provoqué, par mégarde, par la thèse des probabilités (nous n'allions tout de même pas perdre une troisième fois d'affilée dans un Mondial contre les Allemands) et plus rationnellement par l'élan de renouveau instillé par ce vrai grand sélectionneur qu'est Didier Deschamps, instrumentalisé sur la pelouse par ses cadres (Lloris, Evra, Valbuena, Matudi, Benzema) et une poignée de jeunes joueurs exceptionnels (Varane, Sakho, Pogba, Griezmann). L'équipe de France venait de gagner avec aplomb trois de ses quatre matchs du tournoi en inscrivant beaucoup de buts. Ils (les supporters et spécialistes) avaient dû (peut-être pas inconsciemment) omettre que les triples champions du monde venus d'outre-Rhin possédaient pour leur part une génération au moins aussi fabuleuse et matiure (Neuer, Lahm, Schweinsteiger, Müller, Götze, Klose) orchestrée à merveille par son manager Joachim Löw (quel coaching de sa part sur ce match).


C'est désormais terminé, la France achève son tournoi dans le Top 8, effaçant au passage les doutes sur son degré de compétitivité tout en lavant définitivement l'affront qui avait éclaté en Afrique du Sud. Elle quitte également le Brésil sans avoir réalisé ni exploit ni laissé de trace indélébile (le 5-0 figé à la 80e contre la Suisse restera toutefois comme son moment fort). Elle va maintenant vivre deux années de préparation à son Euro de 2016. Mais avant cela, la grande Allemagne aura peut-être décroché un nouveau sacre international. Au cumul, tout cela est insupportable, très insupportable même, mais ce n'est que la réalité.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Mon avis sportif :