dimanche 1 juin 2014

Devoir de mémoire

Knysna (2010) : terminus, tout le monde descend

Dans deux semaines, le 15 juin, lorsque l'équipe de France foulera la pelouse de l'Estádio Beira-Rio à Porto Alegre pour affronter son supposé sparing partner hondurien, elle sera précédée d'un bien embarrassant fardeau. Celui de première nation auto-sabordée lors d'une phase finale. Un "titre" obtenu sans concurrence ni contestation à l'issue des multiples tragi-comédies collectionnées pendant la dernière Coupe du monde sud-africaine de 2010. Une humiliation aux yeux du monde qui fut évidemment sportive (après un nul inoffensif face à l'Uruguay de Forlan et deux défaites contre un virevoltant Mexique puis une faible Afrique du Sud lors de l'ultime match couperet), mais, plus insidieux et difficilement effaçable encore, comportementale et mentale (l'affaire Anelka, la "taupe" d'Evra, la grève des joueurs, la descente du bus, le lettre lue par Domenech...). Comment rebondir pour estomper cette offense à l'esprit sportif ?
Chaque joueur - qu'il soit novice et innocent comme Rio Mavuba ou Raphaël Varane, ou felon mais survivant de ce Waterloo comme Patrice Evra ou Franck Ribéry -, chaque membre du staff, chaque supporter et journaliste bien évidemment, chaque observateur tout simplement et par conséquent l'actuel sélectionneur aura en mémoire cet infâme souvenir qu'il voudrait n'avoir jamais vécu. Les cicatrices ne seront plus béantes mais toujours latentes. Si Didier Deschamps attend de l'opinion publique qu'elle tourne enfin la page, il ne souffre pour autant pas d'amnésie et, en manager héritier de 2010, est obnubilé par la réussite et l'image véhiculée par son groupe. Dès lors, en ce premier match du Mondial brésilien devrons nous compter sur le capitaine des Champions du monde 1998 pour replacer les Bleus sur les sentiers de la dignité et de la gloire. Car cet authentique guide du football tricolore qu'il est depuis plus d'une double décennie, instamment habité par l'âme du combat qu'il transmet dans le vestiaire, le long du banc de touche et derrière des micros aujourd'hui (comme il le fit avec détermination dans le grand rectangle vert autrefois), paraît être le seul à posséder les clés de la rédemption. Si l'intime conviction amène à avancer que la Dèche n'a aucune consonance avec Domenech, alors Ribeirao Preto ne rimera jamais avec Knysna. 

Soyons pragmatiques. Le salut passera par le terrain (et quelques discours bien calibrés), alors faisons place au jeu. La première rencontre de préparation face à la Norvège mardi dernier au Stade de France (4-0) laisse penser que l'optimisme n'est pas une lubie, car nous y avons nettement constaté des préceptes de cohésion, détermination et confiance. Du plaisir et de l'efficacité aussi. Ce qui n'est pas rien. En comparaison, le succès devant le Costa Rica (2-1) pour le premier match amical avant l'envol pour l'Afrique du Sud n'avait emballé personne. Les joueurs français semblent aujourd'hui convaincus de leurs capacités retrouvées. A eux de maintenir ces valeurs nouvelles pour faire vaciller leurs adversaires. S'ils y parviennent, le Honduras ne pèsera pas lourd et l'horizon sera plus clair. Ainsi, l'incroyable victoire de novembre dernier face à l'Ukraine (3-0) ayant composté le billet pour l’Amérique du Sud, n'aura pas été un mirage comme les "franco sceptiques" veulent toujours l'avancer. L'opposition face au Paraguay ce soir à Nice nous en dira à nouveau un peu plus.


NDLR : à venir très prochainement, un article vous présentant le concours de pronostics pendant la Coupe du monde brésilienne

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