mardi 12 juin 2012

Les Bleus de chauffe n'ont pas suffi

L'équipe de France n'aura donc pas manqué son entrée dans cet Euro 2012, celui du rachat. En partageant les points (1-1) avec une Angleterre très regroupée (et a priori rival le plus redoutable du groupe D), elle n'a pas failli, mais peut nourrir pas mal de regrets tant son emprise technique, collective et individuelle sur la rencontre fut éloquente.


Ce premier match de poule, la France le jouant traditionnellement la bride au cou (voire la peur au ventre), le match nul en devient inéluctable (surtout quand l'adversaire ne prend aucun risque, comme les Anglais bien sûr). Ce fut déjà le cas lors des trois dernières grandes compétitions internationales, pour des destinées disparates. 
Les cicatrices de 2008 et 2010 sont intactes alors que les Bleus de Domenech avaient enchaîné leur premier nul par deux défaites fatales, là où des victoires étaient impératives et annoncées. C'est plutôt le modèle 2006 qu'il faudrait alors répéter, même s'il serait préférable de ne pas revivre la tension qui avait pesé sur le troisième match gagné à l'arrachée contre le Togo (2-0), après deux matchs nuls laborieux.

Quelque peu hypnotisés par des Anglais attentistes et concentrés, orphelins de Rooney suspendu mais dignement guidés par  l'éternel Gerrard, les Français ne voulaient certainement pas perdre. Et comme ils n'ont plus l'habitude de gagner de match important, ils se montraient très prudents. Laurent Blanc étant cependant parvenu durant les éliminatoires à ré-insuffler l'esprit du jeu et de conquête à la française (celui qui a récompensé nos plus grandes générations) conforté par trois matches amicaux efficaces, la progression collective et durable commençait à s'afficher sur la pelouse. Le but assassin de Lescott, ouvrant la marque, était un test. En revenant très vite au score et avant la pause grâce à l'inspiration enfin réaliste de Nasri (rappelons-lui que c'est quand même pas beau de dire des gros mots surtout qu'il y a des enfants devant la télé; au moins un en tout cas), nos Bleus prouvaient qu'ils avaient un gros mental. Et ça, c'est tellement bon et nécessaire. La seconde période serait du même acabit. Déstabiliser un bloc compact sans s'exposer au contre, ça se travaille et c'est très complexe (on a vu l'Espagne galérer face à l'Italie), surtout quant les remplacements arrivent aussi tardivement. Etant donné le contexte climatique (il a fait très chaud), la lourdeur des Anglais, et la profondeur de notre banc, il aurait pu être intéressant de lancer Ben Arfa et Martin (et un troisième soldat) avant la 85e minute. Sur ce coup là, je ne suis pas très satisfait de vous, Monsieur le Président, sachez le. 
Mais à l'image de l'envie qui a transpiré dans le camp tricolore hier à Donetsk au travers des accélérations incessantes de Ribéry, des combinaisons perfectibles et prometteuses Nasri-Benzema, des certitudes retrouvées de Mexès, de l'explosivité de Diarra dans l'entre-jeu (en attendant M'Vila), du sérieux d'Evra (il était temps), bref : de onze bonhommes à l'unisson, on peut être optimiste. On est surtout affamé.

L'appétit venant en mangeant, ne reste plus à la gnaque de Diarra, la sérénité de Malouda, la maîtrise de Lloris, aux guibolles de Ribéry, aux coups de pattes de Nasri et au génie de Benzema de faire la différence (pour de vrai cette fois) ce vendredi contre l'hôte ukrainien. En dépit d'un groupe au niveau douteux, la bande à Chevtchenko a d'ores et déjà réussi son tournoi en battant la Suède hier soir (2-1). Les Bleus devront "profiter" de cette confiance déplacée et d'une ambiance hostile pour imposer leur marque face à cet adversaire qui lui réussit toujours bien; et prendre position pour la suite de la compétition. Mais ça, c'est de la littérature.


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