samedi 12 juin 2010

Ni génie(s) ni surprise

Hier soir, dans la nuit hivernale du Cap à peine perturbée par le bourdonnement incessant des vuvuzela qui restituent l'atmosphère mythique des coupes du monde, Français et Uruguayens se sont quittés sur un bon vieux 0-0. Quoi de surprenant dans ce score entre une équipe sud-américaine traditionnellement habituée à l'édification d'une barricade défensive faute d'idées d'attaque (comme craint, Forlan a toutefois été très bon), et des tricolores aux coutumes offensives rendues caduques par la perte d'habitude de la gagne, absence d'inspiration, d'impact et, irrémédiable, d'occasions de marquer ? Rien évidemment. Les Bleus n'ont certes pas été en mesure de profiter du partage des points réalisé quelques heures plus tôt entre le pays hôte et le Mexique (1-1), mais ils n'ont pas cédé face à leur adversaire probablement le plus dangereux tactiquement et le plus menaçant pour la qualification. Même résultat qu'en 2002 donc. Et c'est finalement une meilleure situation qu'en Corée où notre étiquette de suprême favori s'accompagnait d'une obligation de résultat.

Cette fois, pour son entrée dans la compétition, l'équipe de France peut s'estimer satisfaite. Déjà de ne pas avoir perdu face à un adversaire estimable alors que la préparation avait réservé son lot d'amicales désillusions. Satisfaction également d'avoir retrouvé une assise défensive calibrée autour d'un Abidal bien meilleur et d'un Gallas pas encore au top (mais il est toujours plus aisé de bétonner derrière que d'éblouir devant), un milieu de terrain travailleur, solide et hargneux grâce à la titularisation de Diaby (la seule bonne idée de Domenech depuis des lustres) aux côtés de Toulalan. Le Gunner a d'ailleurs dévoré ce match de son allant. Enfin un joueur polyvalent capable d'apporter sa technique et sa puissance dans différents registres et secteurs du terrain ! C'est autour de lui qu'il va falloir articuler l'ossature de l'équipe qui débutera contre le Mexique jeudi prochain. Car il faudra gagner, et pour cela, des changements sont impératifs. Cette nécessité était déjà demandée de tous avant l'Uruguay (par ici notamment) mais Raymond n'en a une nouvelle fois fait qu'à sa tête en changeant un seul joueur, mais pas le bon. Il avait refoulé sur le banc Malouda, seul milieu jusque là intéressant. Il n'y a plus à débattre de l'évidence de se débarrasser de Govou et provisoirement de Gourcuff, ainsi que d'Anelka en pointe. Sans ces retouches vraiment pas accessoires, point de salut. Tout ne dépend donc plus que de la décision d'un seul homme. Un homme dont la fonction est censée en faire le premier supporter de son équipe, mais qui a aujourd'hui plus le profil de la "taupe" qui tente sournoisement de saborder son propre navire de l'intérieur.

4 commentaires:

  1. Globalement je suis d'accord avec cette analyse, sauf qu'Anelka ne joue pas à son poste (il est meilleur en demi offensif). Il ne faut donc pas le condamner. Pour moi, il faut virer Govou qui n'a pas beaucoup de ballons et qui les perds systématiquement, sauf que c'est le chouchou de Domenech qui veut en faire un titulaire. Seulement, avec Govou l'équipe de France joue à 10 et ça pénalise. Je rajouterais que depuis les matchs amicaux les attaquants ne suivent pas assez les actions vers le but et se trouve régulièrement en infériorité numérique dans la surface de réparation. On l'a encore vu hier, 2 attaquants bleus contre 5 à 6 défenseurs. Alors ou j'y comprend rien au foot, ou je me demande comment on peut marquer des buts dans ce schéma tactique. Quand Domenech se rend compte que ça ne marche pas, il fait rentrer des attaquants, mais beaucoup trop tard. Il faut de la vivacité devant, avec Valbuena et Cissé, pourquoi ne pas essayer. Je rappelle que Cissé c'est 25 buts en championnat grec toutes compétitions confondues. Vraiment ce Domenech est un abruti et pour terminé, j'ai vu hier soir la plus faible équipe du groupe l'Uruguay et comme je vois que l'on a pas été capable de les battre, moi je suis moins optimiste et très inquiet pour la suite de la compét'.

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  2. Deux points de divergence avec ce complément d'arguments bien pensé cher Thierry:
    - Anelka est largement condamnable car à ma connaissance son poste de prédilection n'est ni gardien, ni arrière droit, ni meneur de jeu, mais bien attaquant. Faut pas oublier que c'est bien à ce poste en pointe qu'il a intégré les Bleus avec réussite il y a 10 ans et qu'il a tout déchiré avec Arsenal pendant quelques années. Donc des buts il sait en mettre. En tout cas il a su le faire. Combien d'occas' et de tirs a-t-il à son actif cette année? Mes couilles (2 quoi)! A sa décharge, c'est aujourd'hui, avec une autre maturité, qu'il est devenu plus complet et décisif sur un poste latéral (Drogba sait de quoi on parle). Cet échec il le partage avec Domenech qui manifestement n'est pas capable de lui fournir les armes pour se montrer participatif au jeu (sans reculer sur la ligne médiane) et dangereux dans la surface. C'est pourquoi ce serait une erreur indiscutable de le laisser à nouveau titulaire à cette place jeudi. Et pourtant...
    - L'Uruguay plus faible équipe du groupe, c'est un manque de considération pour son duo d'attaquants qui sur le papier serait un don divin pour notre pays. Avec des Suarez et Forlan (qui a bien failli nous la mettre comme il faut) devant, on se poserait moins de questions quant à choisir entre des éclopés comme Henry, Anelka, Gignac ou Cissé (putain, quand je repense que Benzema n'est pas là, je suis très très très contrarié). Maintenant c'est clair que les Uruguayens sont une équipe anti-jeu absolue qui ne trouvera son destin qu'en fonction des circonstances de jeu. Comme on ne battra pas le Mexique et qu'il faudra se coltiner les Sudafs chez eux pour un 3e match décisif (imagine la tension chez les Bleus), la plus mauvaise équipe du groupe pourrait ne pas être celle que l'on voudrait...

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  3. Si demi offensif, c'est pas être attaquant, pour toi...Alors c'est quoi pour Anelka? En tous les cas, je le vois meilleur et il l'a prouvé à ce poste en EDF et avec Chelsea. Je le verrai bien en soutien de Cissé en 9 ou Henry avec Ribéry dans l'axe, mais je ne sais si Domenech changera son système de jeu qui ne marche pas. Il n'aime pas être contrarié et surtout les conseils. Quand à L'Uruguay si 2 pauvres étincelles suffisent pour en faire une équipe dangereuse, ça me laisse "baba". En tous cas on verra bien à la fin de ce 1er tour, mais je vois bien L'Uruguay passer à la trappe, avec qui??? surprise. Au fait, un bon point pour toi Stoni, car tu m'as peut-être démasqué.

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  4. Euh, tu disais quoi sur l'Uruguay? Lol.

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