mardi 22 juin 2010

Les chèvres de l'Hexagone

Ils avaient promis qu'ils ne viendraient pas en Afrique du Sud y faire un safari. Le leurre tenait au fait que les Bleus et leur capitaine de pacotille (Patrice Evra) étaient voués à ne pas revêtir la tenue du prédateur armé jusqu'aux dents. Pris pour cible dans un premier temps par les Uruguayens (0-0), abattus ensuite par les Mexicains (0-2), puis enfin égorgés sans vergogne par d'affamés Sud-africains cet après-midi (1-2), il fallait comprendre au travers de ces propos trompeurs que ces Bleus-là joueraient en réalité le rôle peu enviable de l'antilope apeurée et détalant devant les galops résolus de leurs adversaires.

photo : lequipe.fr

En l'espace d'une dizaine de jours, l'équipe de France de football a longé sans réagir le corridor qui la destinait à passer du purgatoire vers les flammes indéfectibles de l'enfer. Son sélectionneur s'étant de longue date délesté de toute volonté salvatrice, les joueurs en étaient remis à leurs seules capacités mentales et techniques pour éviter la désintégration. Sur la pelouse comme en dehors, ils ont démontré, au-delà de nos craintes les plus légitimes, à quel point ils étaient dans l'inaptitude intellectuelle et physique de faire honneur à leur privilège de véhiculer les couleurs de leur patrie à l'occasion de cet événement sportif suprême. Rien que pour cela, ce sont des chèvres. Pire encore, l'icône Nicolas Anelka, justement recadré par son coach par accumulation d'écarts, n'avait trouvé comme parade qu'une attitude racailleuse insultante. Ses coéquipiers alors envahis du seul sentiment de fraternité qu'il ne fallait pas avoir ont fait front, partant à la chasse d'une taupe que l'on ne remerciera jamais assez, avant de s'humilier et nous faire honte pour l'éternité en s'autorisant à ne pas s'entraîner. Des millionnaires - privilégiés parmi les privilégiés - a priori idolâtrés par grands et petits faisant grève à l'approche d'un match couperet, c'était définitivement la fin de l'innocence et d'un "nouveau rêve bleu". Et le début d'un insupportable cauchemar dont on ne s'extraira pas de sitôt. Bande d'incapables, de traîtres !

Voilà, la Coupe du monde est déjà terminée après trois matches de merde. La maison Bleus gît désormais tel un charnier béant qu'il va falloir nettoyer. C'est un sale boulot auquel Laurent Blanc va rapidement devoir s'atteler. Aucun doute à mon sens qu'il saura être l'homme de la situation, si bien sûr tous les moyens de réussir lui sont confiés. Mais auparavant il faudra déblayer le terrain.
Puisque c'est démocratiquement et sous les feux de la rampe que Raymond Domenech a mené à terme sa mission d'autodestruction, il n'est plus nécessaire de l'éliminer. Par sécurité, il faudrait toutefois lui prévoir un repaire. En général, l'Amérique latine sied idéalement à ce type d'exil ; le Mexique et l'Uruguay n'y verraient probablement aucun inconvénient. Telle une tique fermement agrippée au crâne souffrant d'une bête, le président de la Fédé Jean-Pierre Escalettes ne paraît pas, quant à lui, disposé à se séparer de son trône. Il va pourtant falloir l'y pousser pour en terminer avec cette gouvernance bureaucratique hors du temps. Quant aux joueurs, leur sort est incertain. Certains vont tirer leur révérence quand d'autres devront être découragés de vouloir revenir. Au fait, comment ça doit être bon de s'appeler aujourd'hui Karim Benzema, Hatem Ben Arfa, Samir Nasri, Philippe Mexès ou Lassana Diarra...

2 commentaires:

  1. je suis de ton avis et il va falloir du temps pour "oublier";mais nous avons eu une belle leçon de foot ce soir avec les japonnais; Nous devrions reprendre les entrainements à leurs côtés.

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  2. Le temps permet toujours un travail naturel d'érosion même envers les méfaits qu'il ne faudrait jamais oublier.
    Pour ma part, je ne suis pas prêt d'oublier quelles sont les priorités de ces têtes de cons. A savoir le sort d'un joueur individualiste et inefficace justement sanctionné plutôt que l'intérêt collectif et l'honneur du maillot.
    Je m'interroge sur les choix futurs de Blanc (quelle galère!!) mais y'en a quelques-uns que je ne reprendrais plus (Evra, Abidal, Gallas, voire Ribéry en tête).

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